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Si vous souhaitez mieux comprendre les mécanismes de la désindustrialisation en France et les initiatives qui pourraient contribuer à y remédier, je vous conseille la lecture du livre de Patrick Artus et Marie-Paule Virard « La France sans ses usines ».

Les auteurs décortiquent longuement la question et formulent, plus brièvement, des conclusions que chacun appréciera à sa convenance. Mais au delà de ces priorités proposées par les auteurs c’est surtout de l’exposé très pédagogique, clair et instructif qu’il faudra chercher à bénéficier.

Le livre rappelle à bon escient quelques réalités qu’on a tendance à oublier.

  • Un des inconvénients majeurs de la désindustrialisation est que la productivité progresse moins vite dans les services que dans l’industrie (à peine positive contre 3% sur la décennie).
  • Un pays qui se désindustrialise au profit des services offre moins de perspective aux jeunes diplômés avec risque d’expatriation.
  • Sans suffisamment de matière grise disponible localement les grandes entreprises pourraient être incitées à installer leurs sièges sociaux dans des pays plus dynamiques.

Parmi les priorités évoquées j’en retiens deux. La première n’a rien d’original tant elle a été répétée, mais son importance est bien là : passer de la promotion de la stratégie des grands groupes (Concorde, TGV, Airbus…) qui n’a pas montré sa supériorité à celle du soutien aux PME innovantes.

La seconde rejoint une préoccupation que j’avais soulignée dans ce billet. « Pour aider les patrons à faire grandir leur entreprise, pourquoi ne pas créer une administration dédiée, dirigée par des personnes issues du monde de l’entreprise« . Cette proposition me paraît fondamentale. J’en mesure l’importance en permanence  dans les entreprises où j’interviens. Trop souvent les personnes chargées par les organismes porteurs des programmes d’aide aux entreprises pour la performance, l’innovation ou le développement ne disposent pas de la culture entrepreneuriale vécue pour répondre aux attentes réelles des PME. Il ne suffit pas d’avoir une solide formation de gestion (par exemple) pour s’improviser interlocuteur du monde de l’entreprise. Rien ne remplace les « heures de vol ». Or la désindustrialisation libère de fortes expériences parmi les seniors, dont il faudrait s’efforcer de  les utiliser pour renforcer la compétitivité des entreprises en pratiquant une sorte de retour d’expérience industrielle.

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