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Les méfaits de la contrefaçon ne sont plus à expliquer. Malgré la lutte engagée le fléau demeure. Une première norme internationale pour aider les entreprises à protéger leurs produits vient même de voir le jour. Au jeu de la contrefaçon la Chine s’est fait une réputation sulfureuse. Visitant récemment Yangshan, le port en eau profonde de Shanghai, avec un ami, on se disait, face aux innombrables containers aux pieds de la soixantaine de portiques de manutention, qu’on était sans doute au coeur de la plus forte concentration mondiale de contrefaçon.

Généralement la contrefaçon est perçue comme une fin en soi: contrefaire pour gagner de l’argent. Pourrait-elle être un point de départ vers un but plus vertueux ?

C’est la réflexion présentée dans cet article « Un écosytème d’innovation singulier : les Shan Zhai » de Fabien Eychenne que je vous invite à lire (le terme Shan Zhai désigne les copies de produits occidentaux fabriqués localement). Il est très intéressant dans la mesure où il explique les méthodes employées par ces fabricants qui ont très vite évolué dans la légalité en bousculant, en quelques années, les très grands industriels locaux tout en s’appuyant sur des modèles d’innovation très spécifiques. L’auteur cite notamment le cas d’un fabricant de téléphones qui a dépassé le leader national ou encore le fabricant de batterie BYD devenu leader mondial. Sur ce thème consulter également ce billet La Chine veut dépasser le stade du « made in China ».

Selon l’auteur, ce succès est basé sur ce qu’il appelle « le deuxième niveau d’innovation » qui consiste à à créer un nouveau service en s’appuyant sur des services existants, par exemple le téléphone mobile croisé avec un dispositif de lumière UV pour détecter les faux billets. Il en déduit des règles d »innovation comme ne rien concevoir ex nihilo, s’appuyer sur ce que les autres ont déjà fait ou partager le plus d’informations pour que l’écosystème puisse ajouter de la valeur à votre processus ou encore ne pas produire sans avoir d’acheteurs.

Comme on le constatera en lisant l’article tous ces éléments méthodologiques sont de nature à favoriser le processus d’innovation et méritent d’intégrer la boîte à outils de l’entreprise innovante.

 

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