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Le laboratoire d’idées En Temps réel vient de produire une étude intitulée « Les députés connaissent-ils l’entreprise ? » pour analyser en détail la compréhension des réalités de l’entreprise par les députés de l’Assemblée nationale, tout particulièrement parmi les membres de la majorité.

Quel est le parcours professionnel des membres de l’Assemblée nationale ? Peut-on affirmer que les élus de gauche ont une moindre expérience personnelle du monde de l’entreprise, et de l’économie en général, que ceux des autres partis ? Les élus de gauche sont-ils moins attentifs au monde de l’entreprise que les autres députés dans leurs activités à l’Assemblée et en circonscription, dans leur discours ou dans les priorités politiques qu’ils expriment ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles l’étude tente d’apporter une réponse.

Les analyses présentées semblent montrer finalement que la sous représentation supposée du monde économique n’est pas aussi flagrante qu’on l’imagine habituellement. En particulier, le discours sur la capacité des députés à prendre en compte les intérêts des entreprises, implicitement fondé sur l’idée que la représentation « miroir » serait souhaitable, n’est pas évident. Il ne suffit pas de ressembler à un électorat pour être capable de le représenter; souvent ceux qui sont les plus familiers du fonctionnement de l’Etat au plus haut niveau sont les plus efficaces dans le travail parlementaire.

Au final l’enquête montre que les députés français ne sont guère familiers de l’entreprise : seule une minorité en a eu une expérience concrète et manifeste une proximité effective avec ce monde. La situation des députés de gauche et de droite n’est pas fondamentalement différente du point de vue de leur profil sociologique ou de leurs comportements, et tend à s’uniformiser. A l’avenir, les députés seront probablement contraints de garder un contact plus étroit avec le monde du travail, afin de pouvoir envisager un échec électoral. Il est donc probable qu’à moyen terme la loi sur le non-cumul accroisse la diversité sociologique des députés, élargisse le spectre de leurs profils professionnels et les amène à garder davantage de contacts avec leur profession d’origine.

Pour télécharger le rapport.

 

 

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