La France et l’innovation en 2013

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L’étude annuelle 2014 de l’enquête Thomson Reuters, classant les 100 entreprises les plus innovantes au monde, a retenu les mêmes 12 entreprises françaises que l’année précédente. Il s’agit de Alcatel-Lucent, Arkema, CNRS, le Commissariat à l’Energie Atomique, EADS, l’Institut Français du Pétrole, L’Oréal, Michelin, Safran, Saint-Gobain, Thales et  Valeo. Toutefois la méthode utilisée par l’étude tend à privilégier les grandes entreprises.

top100innovatorsCe résultat est encourageant mais il faut aussi s’en méfier comme le montre cette autre étude de l’Union Européenne, cette fois. La France se classe au onzième rang des pays les plus innovants du continent.

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La commission souligne que « l’Europe est en train de combler son retard en matière d’innovation par rapport aux États–Unis et au Japon, mais les écarts de performance entre les États membres de l’Union européenne restent très importants et ne se réduisent que lentement« .

Au niveau régional, les écarts se creusent même, puisque près d’un cinquième des régions de l’UE ont accusé une détérioration de leurs performances. Le classement général au sein de l’Union reste relativement stable, les premières places revenant aux quatre pays qui investissent le plus dans la recherche et l’innovation, à savoir la Suède, suivie du Danemark, de l’Allemagne et de la Finlande. Le rapport indique que les pays qui ont accompli des progrès l’ont fait grâce à l’ouverture et à l’attractivité du système de recherche de l’UE, à la collaboration inter–entreprises en matière d’innovation et à la commercialisation des connaissances, telle que mesurée par les revenus tirés de la vente de licences et de brevets à l’étranger.

Le tableau de bord de l’Union de l’innovation 2014 classe les États membres dans quatre groupes, suivant leurs résultats en matière d’innovation (on notera le cas particulier de la France et de ses régions):

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  • les «champions de l’innovation»: l’Allemagne (DE), le Danemark (DK), la Finlande (FI) et la Suède (SE), dont les résultats en matière d’innovation se situent nettement au-dessus de la moyenne de l’UE;
  • les «suiveurs de l’innovation»: l’Autriche (AT), la Belgique (BE), Chypre (CY), l’Estonie (EE), la France (FR), l’Irlande (IE), le Luxembourg (LU), les Pays-Bas (NL), le Royaume-Uni (UK) et la Slovénie (SI), dont les résultats en matière d’innovation sont supérieurs à ou proches de la moyenne de l’UE;
  • les «innovateurs modérés»: la Croatie (HR), l’Espagne (ES), la Grèce (EL), la Hongrie (HU), l’Italie (IT), la Lituanie (LT), Malte (MT), la Pologne (PL), le Portugal (PT), la République tchèque (CZ) et la Slovaquie (SK), dont les résultats en matière d’innovation sont inférieurs à la moyenne de l’UE;
  • les «innovateurs modestes»: la Bulgarie (BG), la Lettonie (LV) et la Roumanie (RO), dont les résultats en matière d’innovation sont nettement inférieurs à la moyenne de l’UE.

Les documents à consulter :

Texte intégral du tableau de bord de l’Union de l’innovation 2014 (anglais).

Texte intégral du tableau de bord régional de l’innovation 2014 (anglais).

les défis de la désindustrialisation pour l’économie française

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La note Trésor-Éco n°124 du 19 février dernier du ministère de l’économie apporte des éclairage stratégiques sur la question de la désindustrialisation.

Constatant que « son rythme diffère selon les pays, ce qui traduit en partie des écarts de compétitivité du secteur industriel face à la concurrence internationale » la note souligne que « le secteur industriel français conserve cependant un effet d’entraînement important sur le reste de l’économie et reste l’un des principaux moteurs des gains de productivité« . Mais aussi « La poursuite de la désindustrialisation et le ralentissement récent des gains de productivité au sein-même de l’industrie font peser, à défaut d’une hausse sensible de la productivité des services, un risque sur la croissance de long terme de l’économie française« .

« En réponse à ces difficultés, dont les sources sont à la fois diverses et interdépendantes, le rôle de l’État est d’abord de concevoir un environnement favorable au développement des entreprises, au travers de mesures « horizontales » et coordonnées touchant à la fois au coût du travail, aux conditions de financement, à l’environnement juridique et fiscal des entreprises, à la formation scientifique et technique, au soutien à la R&D ou encore aux innovations non technologiques« .

Constat, analyse… reste à agir de façon pertinente. On lira notamment (page 7) la tableau « Justification économique des aides aux entreprises ».

Source Trésor-Éco n°124, L’industrie : quels défis pour l’économie française

 

Pas de prospérité économique en Europe sans une base industrielle solide

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La Commission européenne vient de présenter mercredi 22 janvier une communication en faveur d’une renaissance de l’industrie européenne, qui place l’économie réelle et l’industrie au cœur de notre stratégie de croissance.

L’objectif est d’inverser le déclin industriel et d’atteindre l’objectif de réaliser 20 % du PIB au moyen des activités manufacturières d’ici à 2020.

Tandis que les performances de l’industrie ont pu se stabiliser grâce à l’amélioration des exportations, la part de l’industrie dans le PIB européen a encore reculé en 2013, passant de 15,5 % du PIB à 15,1 %, soit bien en deçà de l’objectif de 20 %. Ce recul pourrait gravement compromettre le potentiel de croissance de l’UE, étant donné que l’industrie manufacturière est à l’origine de 80 % des innovations, représente trois quarts des exportations et joue un rôle de premier plan en matière d’emploi.

Bien que la performance industrielle se soit stabilisée, la part de l’industrie dans le PIB européen a diminué, passant de 15,5 % du PIB il y a un an à 15,1% cet été. Les deux rapports sur la compétitivité industrielle publiés aujourd’hui par la Commission européenne indiquent que les États membres ont progressé dans l’amélioration de l’environnement des entreprises, des exportations et de la durabilité. Toutefois, de nombreux problèmes subsistent. La convergence entre les pays à l’industrie la plus compétitive et ceux qui présentent des performances moyennes est à l’arrêt. En outre, le coût de l’énergie est en hausse dans presque tous les États membres, ce qui contribue à la désindustrialisation de l’Europe. L’accès aux financements et la baisse des investissements constituent également d’importants obstacles dans la quasi-totalité des États membres. Pour que l’industrie européenne prospère à nouveau, le fonctionnement de l’administration publique doit être considérablement amélioré, de même que le lien entre l’enseignement et les entreprises. Des efforts supplémentaires doivent être consentis pour encourager l’innovation et commercialiser ses résultats.

Les principales conclusions des deux rapports sont les suivantes:

Parmi les points positifs: les exportations principal moteur de l’activité industrielle, performances en matière d’innovation améliorées depuis 2008.

Parmi les points faibles: investissements à un niveau bas, prix élevés de l’énergie, pour certains pays de l’UE, le rétablissement de la croissance passe par l’amélioration de l’efficacité des pouvoirs publics.

Parmi les priorités proposées par les rapports :réduire les coûts de production en Europe (énergie et matières premières, par ex.), faciliter les investissements dans les nouvelles technologies et l’innovation,veiller à ce que les compétences et la disponibilité de la main-d’œuvre européenne correspondent aux besoins de l’économie du XXIe siècle.

Sources : communiqués de presse de l’UE.

 

Les députés et l’entreprise

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Le laboratoire d’idées En Temps réel vient de produire une étude intitulée « Les députés connaissent-ils l’entreprise ? » pour analyser en détail la compréhension des réalités de l’entreprise par les députés de l’Assemblée nationale, tout particulièrement parmi les membres de la majorité.

Quel est le parcours professionnel des membres de l’Assemblée nationale ? Peut-on affirmer que les élus de gauche ont une moindre expérience personnelle du monde de l’entreprise, et de l’économie en général, que ceux des autres partis ? Les élus de gauche sont-ils moins attentifs au monde de l’entreprise que les autres députés dans leurs activités à l’Assemblée et en circonscription, dans leur discours ou dans les priorités politiques qu’ils expriment ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles l’étude tente d’apporter une réponse.

Les analyses présentées semblent montrer finalement que la sous représentation supposée du monde économique n’est pas aussi flagrante qu’on l’imagine habituellement. En particulier, le discours sur la capacité des députés à prendre en compte les intérêts des entreprises, implicitement fondé sur l’idée que la représentation « miroir » serait souhaitable, n’est pas évident. Il ne suffit pas de ressembler à un électorat pour être capable de le représenter; souvent ceux qui sont les plus familiers du fonctionnement de l’Etat au plus haut niveau sont les plus efficaces dans le travail parlementaire.

Au final l’enquête montre que les députés français ne sont guère familiers de l’entreprise : seule une minorité en a eu une expérience concrète et manifeste une proximité effective avec ce monde. La situation des députés de gauche et de droite n’est pas fondamentalement différente du point de vue de leur profil sociologique ou de leurs comportements, et tend à s’uniformiser. A l’avenir, les députés seront probablement contraints de garder un contact plus étroit avec le monde du travail, afin de pouvoir envisager un échec électoral. Il est donc probable qu’à moyen terme la loi sur le non-cumul accroisse la diversité sociologique des députés, élargisse le spectre de leurs profils professionnels et les amène à garder davantage de contacts avec leur profession d’origine.

Pour télécharger le rapport.

 

 

Pas de confidentialité pour les entreprises sur Facebook

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Deux utilisateurs de Facebook ont lancé une procédure contre le réseau social en l’accusant d’intercepter des messages privés et d’en monnayer le contenu avec des sociétés de publicité ou de marketing.

L’analyse des documents « est un mécanisme utilisé par Facebook pour recueillir des données subrepticement en vue d’ améliorer ses algorithmes de marketing et d’augmenter sa capacité à tirer profit de données sur les utilisateurs de Facebook » a écrit Michael Sobol, un avocat des plaignants, dans la plainte déposée le 30 décembre.

Selon les plaignants, lorsque les utilisateurs composent des messages qui contiennent des liens vers un site web, Facebook « analyse le contenu du message, le lien Internet, et recherche des informations qui permettent de dresser un profil de l’activité sur Internet de la personne qui a écrit le message ».

Les plaignants demandent à la cour fédérale de San José en Californie d’autoriser le recours collectif pour tous les utilisateurs de Facebook qui ont envoyé des messages avec des liens ces deux dernières années. Ils demandent également au tribunal d’empêcher Facebook de poursuivre cette pratique et réclament 10 000 $ en dommages pour chaque utilisateur.

Le texte de la plainte.

Cet « incident » confirme, une fois de plus, qu’il faut être extrêmement vigilant pour tout ce qui concerne la présence de l’entreprise sur internet. Google présente évidemment les mêmes inconvénients comme montré dans cet article. Le patron d’une petite entreprise me confiait récemment qu’il a cessé d’envoyer ses devis par courriel à ses clients ayant une adresse Gmail quand il a réalisé qu’en lisant ce courriel le client voyait s’afficher, à droite, les pubs de ses concurrents…

Veille pour une recherche royale

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Le retour de l’Épiphanie nous donne l’occasion de rappeler quelques bonnes pratiques en matière de veille et de recherche d’information.

Arrivés au terme de leur voyage, les trois sages venus d’Orient se renseignèrent localement pour rencontrer le roi qu’ils cherchaient. Car leur longue veille et leur long cheminement portaient sur l’essentiel plutôt que sur l’accessoire.

Il doit aussi en être ainsi pour l’entreprise dans le management de son information stratégique. Organiser sa veille pour cibler l’essentiel, qui n’est encore qu’un signal faible. Conduire sa recherche en se concentrant sur un objectif de dimension majeure.

Autant dire : éviter la dispersion pour faire de la veille une activité mature en se dotant des bons outils et des bonnes méthodes.

 

Trois moteurs de recherche confidentiels

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L’actualité récente a montré de nouveau l’importance de la confidentialité de la présence sur internet. Une des raisons principales d’accès sur internet est l’utilisation d’un moteur de recherche. Chacun sait que les requêtes sont scrutées et analysées, de même que les courriels échangés sur les messageries en ligne, sujet qui a fait l’objet d’un article ancien Google et la confidentialité des courriels.

Pourtant voici trois moteurs de recherche qui offrent une bonne confidentialité sur internet.

DuckDuckGo

Ce moteur résume sa politique de confidentialité en une seule formule « nous ne stockons aucunes de vos données personnelles » et détaille son approche sur cette page. A titre d’exemple le site de « Reporters sans frontières » utilise DukcDuckGo pour les recherches sur son site.

Ixquick

Ce moteur revendique sur sa page d’accueil d’être « Le moteur de recherche le plus confidentiel au monde » et en donne les raisons dans sa page « Confidentialité« . Dès 2008, Ixquick s’est vu remettre le premier sceau européen de la protection de la vie privée par le Contrôleur européen de la protection des données, M. Peter Hustinx. Le sceau confirme officiellement les résultats en matière de protection des informations personnelles que nous promettons à nos utilisateurs. Il fait d’Ixquick le premier et unique moteur de recherche approuvé par l’UE. Voir le communiqué de presse. Une vingtaine de Questions/Réponses sur la page « Confidentialité » permet de se faire une idée plus précise de ce que propose Ixquick dans ce domaine. A l’usage il s’avère que ce moteur propose des résultats d’une grande pertinence, sauf pour les sujets d’actualité récente.

StartPage

Le cas de StartPage est un peu particulier puisque c’est une émanation de Ixquick dont il reprend les principes. Les résultats des recherches, effectuées en toute confidentialité par Google, s’affichent sur la page Startpage. « Lorsque vous lancez une recherche avec Startpage, nous supprimons toutes les données d’identification de votre requête avant de la soumettre à Google de manière anonyme. Lorsque nous recevons les résultats, nous vous les transmettons de façon confidentielle« . C’est donc un bon moyen pour utiliser Google sans laisser de traces chez Google!

 

La France toujours sur le podium de l’innovation mondiale

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L’étude annuelle 2013 de Thomson Reuters, déterminant les 100 entreprises les plus innovantes au monde, classe 12 entreprises françaises. Elles étaient 13 dans le précédent classement. Les valeureux français de 2013 sont

Alcatel-Lucent, Arkema, CNRS, le Commissariat à l’Energie Atomique, EADS, l’Institut Français du Pétrole, L’Oréal, Michelin, Safran, Saint-Gobain, Thales et  Valeo.

Toutefois la méthode utilisée tend à privilégier les grandes entreprises. Ce résultat encourageant et dont il faut se réjouir est tout de même un peu l’arbre qui cache la forêt.

L’Allemagne et la Suisse sont représentées par 4 entreprises pour chaque pays.

 

Le retour d’expérience au service des connaissances de l’entreprise

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Dans cet article intitulé La formation en Intelligence Économique à la croisée des chemins, Christian Harbulot plaide pour une « économie combattante » susceptible de « créer un état d’esprit favorable à une prise en compte de  l’usage de l’information ».

Selon son analyse « on ne ressent pas dans notre pays l’âme d’un peuple, ni le partage de valeurs communes pour un combat utile à l’intérêt général ». On devrait ainsi, à l’instar des États-Unis d’Amérique, faire cause commune pour un véritable made in France qui rassemble toutes les convictions.

Bien plus, il déplore le manque de valorisation de l’excellence française, notamment par le manque de traces écrites qui fait que « notre potentiel industriel est souvent méconnu par la population française ».

Je partage totalement cette vision, qui est celle du retour d’expérience. Mes interventions m’ont appris à quel point cette capitalisation des connaissances et du savoir-faire des entreprises est généralement délaissée, principalement par ignorance et manque d’expérimentation du bénéfice qu’on pourrait en tirer. Il semble en effet que dans le feu de l’action économique il n’y ait plus de temps pour la réflexion sur l’action faite en vue de rendre l’action future meilleure.

Il est vrai que dans le monde de l’entreprise la valeur de la connaissance est souvent délaissée. En tout cas elle est peu organisée, classifiée, rendue disponible.

Qu’il y ait un effort à faire est une évidence. Qu’il passe par la formation, sans doute. Mais pas uniquement.